Jusqu’à quand ? Sauvons nos commerces de proximité
Citoyens, citoyennes, ouvrons les yeux
Jusqu’à quand allons-nous regarder, sans réagir, la transformation progressive de nos centres-villes et de nos villages ?
Il est temps de regarder la réalité en face. Ouvrons les yeux sur ce qui se passe autour de nous.
Année après année, des commerces indépendants disparaissent.
Boulangeries, épiceries, boucheries, poissonneries, magasins de vêtements, opticiens, parapharmacies, commerces de chaussures, parfumeries, magasins d’électroménager, d’électronique et d’informatique, librairies, commerces de culture et de loisirs, magasins de sport, bijouterie…
La liste est longue. Trop longue.
Et derrière chaque fermeture, ce sont des entrepreneurs, des familles, des salariés et parfois tout un quartier qui voient disparaître une activité de proximité.
Pendant ce temps, de grandes enseignes continuent de se développer. Elles s’installent désormais jusque dans les centres de petites communes et de villages.
Le phénomène n’est pourtant pas nouveau.
Depuis les années 1960 et 1970, la grande distribution a profondément changé les habitudes de consommation des Français.
À l’époque, on nous promettait notamment davantage de choix, des prix plus accessibles et un meilleur pouvoir d’achat.
Mais aujourd’hui, une question mérite d’être posée :
Qu’avons-nous réellement gagné ? Et qu’avons-nous perdu ?
De l’hypermarché au cœur de nos villages
Le sujet revient régulièrement dans l’actualité.
Une grande enseigne ouvre parfois un magasin dans une commune pour répondre aux besoins des habitants. L’objectif peut sembler légitime, notamment lorsqu’il s’agit d’éviter qu’une population soit privée d’un commerce alimentaire.
Cependant, une question doit être posée.
Est-ce réellement la disparition du commerce indépendant qui doit permettre ensuite à une grande enseigne d’occuper l’espace laissé vacant ?
À force de voir disparaître les petits commerces, ne sommes-nous pas en train de remplacer peu à peu un tissu économique composé de nombreux entrepreneurs indépendants par quelques grands groupes ?
De plus, le phénomène ne concerne plus uniquement l’alimentation.
Alimentation, vêtements, optique, parapharmacie : jusqu’où ira cette concentration ?
Regardons simplement ce qui se passe autour de nous.
Dans l’alimentaire, les grandes enseignes occupent une place importante.
Dans l’habillement, les chaînes nationales et internationales sont également très présentes dans les zones commerciales et les centres-villes.
De la même manière, l’optique connaît une concentration croissante. Certains réseaux disposent aujourd’hui d’une forte puissance financière et publicitaire.
Dans la parapharmacie et dans d’autres secteurs, les consommateurs voient aussi apparaître des enseignes capables de développer rapidement leurs réseaux.
Faut-il pour autant considérer cette évolution comme une fatalité ?
Nous ne le pensons pas.
Ce n’est pas une accusation. C’est un constat qui mérite un débat.
Derrière chaque fermeture d’un commerce indépendant, il y a souvent bien plus qu’une simple enseigne.
Il y a un entrepreneur.
Il y a parfois une famille.
Il y a des salariés, des fournisseurs et des clients.
Il y a aussi une histoire locale.
C’est pourquoi nous devons nous interroger sur l’avenir de nos commerces.
Et le petit commerçant dans tout cela ?
Le commerçant indépendant ne demande pas nécessairement à devenir riche.
Il demande souvent simplement de pouvoir vivre correctement de son travail.
Chaque jour, il paie ses charges, ses impôts, son loyer et ses fournisseurs.
Lorsqu’il le peut, il embauche.
Il connaît ses clients. Il participe à la vie locale. Il soutient parfois une école, un club sportif, une manifestation communale ou une initiative de quartier.
Surtout, il est présent toute l’année.
Il ne raisonne pas uniquement en parts de marché.
Il fait vivre un quartier.
Il contribue à maintenir une activité dans une rue, un village ou un centre-ville.
Un commerçant est aussi un acteur humain et local
Le commerçant indépendant est un acteur économique.
Mais il est aussi un acteur humain et local.
Lorsque son commerce disparaît, ce n’est donc pas seulement une enseigne qui ferme.
C’est parfois une famille qui perd son outil de travail.
C’est un local qui reste vide.
C’est une rue qui perd de son animation.
C’est aussi un service de proximité qui disparaît.
Alors, Messieurs les dirigeants des grands groupes : répondons-nous publiquement !
L’Association MES MAGASINS ouvre le débat
L’Association MES MAGASINS ne prétend pas détenir toutes les réponses.
Nous ne demandons pas la disparition de la grande distribution.
De la même façon, nous ne demandons pas aux consommateurs de cesser de fréquenter les grandes enseignes.
Nous demandons simplement que le débat soit ouvert.
Nous sommes prêts à discuter publiquement avec les dirigeants des grands groupes, les représentants de la grande distribution, les élus, les chambres consulaires, les associations de consommateurs et, surtout, les citoyens.
Nous voulons poser les questions.
Nous voulons entendre les réponses.
Une question simple sur les habitudes de consommation
Prenons un exemple très concret.
Pourquoi les produits de première nécessité sont-ils parfois placés loin de l’entrée du magasin ?
Prenons notamment l’exemple de l’eau, un produit courant et lourd à transporter.
Pourquoi les rayons consacrés à l’eau se trouvent-ils souvent dans des zones éloignées de l’entrée ?
Est-ce uniquement une question d’organisation ?
Est-ce lié à la configuration des magasins ?
Ou existe-t-il également une logique commerciale qui consiste à exposer le consommateur à d’autres produits pendant son parcours ?
Nous ne prétendons pas connaître la réponse.
C’est justement pour cette raison que nous posons publiquement la question.
Nous invitons donc les professionnels concernés à venir nous répondre.
Le consommateur mérite des explications
Les grandes enseignes communiquent énormément.
Elles parlent de proximité, de pouvoir d’achat, de responsabilité, de solidarité, de défense du consommateur et parfois même de soutien aux territoires.
Très bien. Alors parlons-en.
Si la grande distribution affirme défendre le pouvoir d’achat, nous voulons comprendre comment elle envisage l’avenir des milliers de petits commerçants qui contribuent eux aussi chaque jour à l’économie française.
Combien de commerces indépendants ont fermé au cours des dernières décennies ?
Combien d’entrepreneurs ont perdu leur entreprise ?
Combien de familles ont vu disparaître leur principale source de revenus ?
Combien de centres-villes et de villages ont progressivement perdu leurs commerces ?
Ces questions méritent des chiffres, des réponses et surtout un véritable débat.
L’Association MES MAGASINS ne veut opposer personne
L’Association MES MAGASINS n’est pas naïve.
Nous savons que les consommateurs ont besoin de prix accessibles.
Nous savons également que les grandes surfaces répondent à une partie de cette demande.
Cependant, nous refusons l’idée selon laquelle le commerce indépendant serait condamné à disparaître pour permettre au consommateur de mieux vivre.
H2 — Pourquoi opposer pouvoir d’achat et commerce de proximité ?
Pourquoi ne pourrait-on pas construire un modèle dans lequel la grande distribution, les commerces indépendants, les artisans et les producteurs locaux puissent tous trouver leur place ?
Nous croyons encore à cette possibilité.
Mais elle demande du courage, de la transparence et surtout une vraie volonté de dialogue.
Il ne s’agit pas de désigner des responsables.
Il s’agit de réfléchir ensemble à l’avenir de nos territoires.
H2 — Citoyens, citoyennes : à nous aussi d’ouvrir les yeux
Lorsque nous achetons chez un petit commerçant, nous ne faisons pas simplement une transaction.
Nous contribuons à maintenir une activité.
Nous contribuons à préserver un emploi.
Nous contribuons à faire vivre une famille.
Nous contribuons aussi à maintenir de la vie dans une rue, un quartier ou un village.
Ainsi, chaque achat peut avoir une conséquence sur notre territoire.
Le commerce de proximité ne demande pas de privilège.
Il demande simplement de pouvoir continuer à exister.
H2 — Nous ne voulons pas un combat entre petits et grands
Alors oui, l’Association MES MAGASINS ouvre le débat.
Nous invitons les dirigeants de la grande distribution à venir répondre publiquement à nos interrogations.
Nous invitons également les consommateurs, les commerçants, les artisans, les élus et les représentants des consommateurs à participer à cette réflexion.
Nous ne voulons pas un combat entre petits et grands.
Nous voulons comprendre.
Nous voulons débattre.
Nous voulons que chacun puisse être entendu.
Parce que derrière les vitrines de nos commerces, il y a des femmes et des hommes.
Des entrepreneurs.
Des salariés.
Des familles.
Des habitants.
Et eux aussi ont le droit de vivre correctement de leur travail. ❤️
Article d’opinion et d’interpellation citoyenne de L’Association Mes Magasins. Les questions soulevées ont vocation à ouvrir un débat public et ne constituent pas l’affirmation de pratiques ou d’intentions imputées à une enseigne particulière.
Nous contacter : contact@mes-magasins.fr



