Manifestation étudiante devant un commerce endommagé, appel à protéger les commerces de proximité

Étudiants : exprimez votre colère, mais ne sacrifiez pas nos commerces de proximité

L’association MES MAGASINS appelle les organisateurs étudiants à faire preuve de responsabilité et à préserver les centres-villes

La colère peut être légitime. La volonté de défendre l’éducation, l’avenir de la jeunesse ou les conditions d’étude peut également être parfaitement compréhensible.

Pour autant, une question mérite d’être posée : à qui profitent réellement les mobilisations lorsqu’elles se terminent par des dégradations, des violences ou la destruction de commerces ?

L’association MES MAGASINS souhaite aujourd’hui s’adresser directement aux étudiants ainsi qu’aux organisateurs de manifestations et d’événements revendicatifs.

Votre combat ne doit pas devenir le cauchemar des commerçants

Derrière une vitrine, il y a souvent une femme ou un homme qui travaille depuis des années pour faire vivre son entreprise. Des salariés, des familles et des investissements sont également liés à cette activité.

Pour un commerçant indépendant, son magasin représente souvent bien davantage qu’un simple local commercial : il constitue son outil de travail et parfois le résultat de toute une vie professionnelle.

Lorsqu’une vitrine est brisée, lorsqu’un commerce est dégradé ou lorsqu’une boutique doit fermer temporairement, les conséquences sont donc très concrètes.

Ce sont des personnes qui peuvent perdre une partie de leur chiffre d’affaires, subir des coûts supplémentaires et, dans les situations les plus graves, mettre en danger leur activité.

Par ailleurs, les commerçants affrontent déjà de nombreuses difficultés : concurrence du commerce en ligne, hausse des charges, baisse du pouvoir d’achat, difficultés de recrutement ou encore diminution de la fréquentation de certains centres-villes.

Pourquoi faudrait-il leur faire supporter en plus les conséquences d’une mobilisation qui ne les concerne pas directement ?

Nous vous demandons une chose : pensez aux conséquences

L’association MES MAGASINS ne demande pas aux étudiants de renoncer à leurs convictions.

Au contraire, le droit d’exprimer ses revendications et de participer à la vie citoyenne constitue une composante importante de notre démocratie.

Cependant, exercer ce droit implique également de prendre en considération les personnes qui vivent et travaillent à proximité des lieux de rassemblement.

Une mobilisation peut être forte sans devenir destructrice. Un rassemblement peut être visible sans mettre en danger les habitants. Une revendication peut être entendue sans qu’une vitrine soit brisée.

La colère n’oblige pas à la violence.

Organisateurs : vous avez aussi une responsabilité

Lorsque vous préparez un événement ou appelez à un rassemblement, votre responsabilité ne s’arrête pas à la formulation d’une revendication.

Il faut également anticiper les conséquences possibles et tout mettre en œuvre pour que la mobilisation demeure pacifique.

Lorsque les conditions de sécurité ne semblent pas réunies, le report, la modification ou l’annulation d’un événement peuvent parfois constituer des décisions responsables.

Ce choix ne signifie pas nécessairement renoncer à ses convictions ; il peut au contraire témoigner d’une volonté de protéger les habitants, les salariés et les commerçants.

Ne transformons pas nos centres-villes en champs de confrontation

Nos villes ont besoin de commerces. Elles ont besoin de cafés, de restaurants, de boutiques, d’artisans et de services de proximité.

En effet, ces acteurs participent directement à la vie quotidienne des habitants et à l’animation de nombreux quartiers.

Lorsqu’un commerce disparaît, c’est donc souvent une partie de la vie locale qui s’efface avec lui.

Chaque fermeture définitive peut représenter une perte pour une rue, un quartier et les habitants qui y vivent.

C’est pourquoi l’association MES MAGASINS appelle les élus, les associations étudiantes, les établissements d’enseignement et les organisateurs de manifestations à rechercher ensemble des solutions permettant aux mobilisations de se dérouler dans des conditions respectueuses de l’activité locale.

Aux étudiants : votre génération peut montrer l’exemple

Votre capacité à vous mobiliser constitue une force.

Mais cette force peut également s’exprimer dans la responsabilité, le respect des autres et la protection de ceux qui ne sont pas concernés par vos revendications.

Demain, les étudiants d’aujourd’hui seront entrepreneurs, salariés, enseignants, chercheurs, artisans, commerçants ou responsables associatifs.

Dès lors, préserver l’environnement économique et humain de nos villes concerne aussi leur avenir.

Avant chaque manifestation, chaque rassemblement ou chaque événement, une question mérite donc d’être posée :

« Qui risque de payer les conséquences de notre mobilisation ? »

Si la réponse est un commerçant, un artisan, un salarié, une famille ou un habitant qui essaie simplement de vivre et de travailler, il est peut-être temps de réfléchir à une autre manière d’agir.

Un appel de l’association MES MAGASINS

L’association MES MAGASINS appelle les organisateurs étudiants à faire preuve de responsabilité, à privilégier les mobilisations pacifiques et, lorsque les conditions de sécurité ne sont pas réunies, à envisager le report ou l’annulation des événements.

Défendre une cause ne doit jamais conduire à détruire ceux qui font vivre nos villes.

Les commerçants ne sont pas des adversaires. Ils sont eux aussi des acteurs de nos territoires, créateurs d’activité, d’emplois et de lien social.

Alors, manifestons si nous devons nous mobiliser. Exprimons nos désaccords. Défendons nos convictions. Mais protégeons également ceux qui travaillent chaque jour pour faire vivre nos villes.

Manifestation oui. Destruction non.

L’association MES MAGASINS
La plateforme territoriale du commerce

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